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Le 18 février 2010
De Nantes à ... Bucarest!


Chers amis,
 
vous êtes certainement à peu près tous au courant: j'ai fini mon année scolaire le 28 janvier...
On appelle ça un mi-temps annualisé et même si peu de monde le sait encore, c'est tout-à-fait autorisé par l'Education Nationale (entre autres) et vu le peu de demandes, ça s'obtient même assez facilement...
J'en vois qui disent déjà: "Encore un de ces avantages qu'ont les fonctionnaires...!!"
Et bien oui!!
Alors pourquoi ne pas en profiter?
Y'en a qui le demanderont pour préparer l'agreg', et bien moi...Ce n'est pas mon cas...vous l'avez bien deviné!
 
Après diverses soirées de départ plutôt réussies sur Nantes ou sur Paris (merci à tout ceux qui y ont participé (certains trois fois!!), c'était important pour moi de fêter ce départ avec vous!) et des adieux émouvants, j'ai donc pris la route vers l'Est...
 
C'est donc en co-voiturage, en bus ou en train que j'ai décidé de rejoindre Istanbul.
Cela m'a fait traverser des villes comme Montbéliard (pas très dépaysant...) ou Basel en Suisse avant de faire ma première vraie halte à Bratislava, en Slovaquie...
Une petite escale de deux jours dans cette capitale mignature (430 000 habitants), mais non moins charmante, qu'est Bratislava.
Avec des températures de jour ne dépassant pas le 0 degré celsius, j'ai vite été obligé de me rendre à l'évidence: mon petit polaire ne tenait plus la route! Il a fallu investir dans des gants, une écharpe et un bonnet pour tenter de faire face aux vents glaciaux et aux tempêtes de neige qui se succéderont jusqu'à mon arrivée à Istanbul!!






 

     


            





Deux petites journées à Bratislava donc, occupées à visiter son vieux centre, son château et à me balader au bord du Danube...une mise en bouche bien agréable avant de me rendre à Budapest...en Hongrie.
 
...car Budapest, c'est un peu Bratislava en plus grand (1 700 000 habitants), plus beau et plus vivant!
Rien à voir alors vous allez me dire... Et bien si! J'y ai retrouvé le froid, le Danube, un vieux centre et un château!

Budapest est la capitale de la Hongrie. Elle est composée de deux quartiers, Buda et Pest (d’où son nom!), tous deux séparés par le fameux Danube mais reliés entre eux par 9 ponts. Le plus célèbre et le plus photogénique de ces ponts étant le pont des Chaînes (premier pont à relier Buda à Pest, c’est lui qui a amené à l’unification des deux villes en 1873).

Buda et Pest resteront cependant très distinctes l’une de l’autre puisque la première est vallonnée et résidentielle alors que l’autre est plate, commerçante et animée.


Tout le centre de la ville est classé au patrimoine mondial de l'UNESCO. Autant dire que c’est un musée a ciel ouvert! C'est peut-être ça qui lui vaut le surnom de "perle du Danube". Les rives du Danube, le quartier du château, le Parlement, etc... On en prend plein les yeux!

 

Mais, s’il n’y avait que ça à Budapest, cette capitale européenne resterait une belle ville, comme il y en a tant d’autres partout ailleurs. Et pourtant, Budapest est une destination très prisée...

Peut-être est-ce du à ses spécialités culinaires tel l’excellent Goulash ou le fameux Tokaj? Ou bien aux soirées réputées de Pest, engayées par des shooters de Palinka ou des verres d’absinthe? À moins que ce ne soit les fabuleux bains thermaux, construits dans des bâtisses de rêve et dans lesquels vous passerez forcément plusieurs heures inoubliables?

        

 

Ces bains ont été fondés il y a 2000 ans par les romains, mais cette tradition a été renforcée sous la domination des turcs qui profitèrent pendant des décennies des sources qui alimentent le Danube. Ainsi, ils construisirent des thermes et des bains publics, dans de véritables palais.

 

C’est peut-être donc ça le petit truc que cette ville a en plus: la capacité de pouvoir se baigner en plein coeur de la ville, en extérieur, dans des eaux à 38 degrés, quelque soit la saison... Le contraste avec la neige qui tombe et qui nous entoure est saisissant!

Mais, ce qui fait qu'on tombe amoureux d'une ville, ce sont les rencontres qu'on y fait. Et à Budapest, le hasard a fait que je me suis retrouvé dans l'hôtel parfait...(”Home Made Hostel” pour ne pas le citer) Bon accueil, bons conseils, bonne ambiance et des voyageurs de passage dans le même délire...
Ce qui fait qu'au-delà de la beauté incontestable de la ville, j'y ai passé tout simplement du bon temps, avec des personnes extrêmement sympathiques et intéressantes; autant les touristes avec lesquels j'ai sympathisé que les locaux que j'ai rencontrés.

Budapest est donc une destination (pas chère) que je vous recommande vivement...

 



Insolite: on y voit meme des bus flotter!!!   


Il me faudra au moins les 20 heures de train entre Budapest et Bucarest pour me remettre de ces émotions...
Je traverse la Roumanie de part en part pour rejoindre sa capitale... Avant d'arriver à Bucarest, le pays que j'ai traversé m'a semblé mort, enseveli sous la neige qui est tombée ces dernières semaines.
Puis, cette immensité blanche a laissé place à sa capitale en noir et blanc.
La première vision, en arrivant en train, est celle des barres d'immeubles tristes et semblables qui s'étendent à perte de vue.

 


Puis, en s’approchant du coeur de la ville, ces bâtiments sinistres s’espacent peu à peu pour laisser défiler des avenues larges et bruyantes.
Avant de rester sur cette note plutôt négative et pas très réjouissante de la ville, j’ai parcouru ses avenues, découvert ses monuments, emprunté ses ruelles... Mais, j’ai gardé cette mauvaise première impression...sans toutefois vouloir quitter de suite Bucarest.

Le dépaysement, quel qu’il soit, m’attire. C’est pour cela, en partie, que j’aime voyager. Et celui-ci, aussi triste soit-il, n’est pas sans me laisser indifférent.


La grande majorité des lieux touristiques est liée au passé douloureux qu'a vécu le pays sous l'ère du dictateur Nicolae Ceausescu et de sa femme Elena Petrescu, en pouvoir de 1965 à 1989. Ces 24 années de règne ont laissé des traces...beaucoup trop radicales pour que les 21 années qui suivirent ne puissent les effacer. Plusieurs reliques de cet ancien régime sont, pour nous touristes, aisément palpables.

Il y a tout d’abord tous ces édifices dont je parlais auparavant, caractéristiques de l’architecture communiste: ces énormes blocs gris et tristes qui sont omniprésents à Bucarest.

Ensuite, il y a ces multitudes d’églises “cachées”... Dans son rejet des religions et de Dieu, le régime communiste de Ceausescu tenta de détruire les nombreuses églises de Bucarest. Cette décision fut un véritable tollé auprès de la population roumaine, en très grande majorité pratiquante. Face à ce mécontentement populaire, aucune église ne fut détruite, mais en revanche, d'énormes édifices furent construits afin de limiter le rayonnement de ces batiments religieux indésirables. Ainsi, en se baladant dans les rues sombres de Bucarest, des clochers apparaissent tout d'un coup, surgissant de nulle part, entre plusieurs énormes  blocs gris.

     


Puis, il y a ce Parlement... Surélevé, immense et très impressionnant. Pour le construire, Ceausescu a fait raser 1/5 de la ville. C'était en 1984. Pas moins de 40 000 personnes ont été relogées. Devinez ou!? Dans les banlieues, dans des énormes tours de béton!! Et bien voyons!! Ces mêmes tours qui ont attirées mon attention a mon arrivée...

Conséquence de ces relogements: des milliers de chiens abandonnés (les animaux étant interdit dans les immeubles) devenus maitres des rues. Depuis, les choses ont évolué, mais il n'est pas rare d'en croiser dans les rues de Bucarest.

Revenons a ce Parlement: Construit entre 84 et 89 a l'image modeste de son créateur, ce n'est rien de moins que le 2ème batiment administratif le plus grand au monde (après le Pentagone)! Il est completement démesuré, autant dans la grandeur que dans l'argent qu'il a fallu pour le mettre sur pieds, puisqu'à la meme époque, le peuple roumain mourrait de faim... Et leur dictateur n'a rien trouvé de mieux que de surnommer ce batiment "la maison du peuple"...

 




Il y aurait bien évidemment plein d'autres choses à dire sur ce régime totalitaire (politique nataliste stricte et inadaptée, contaminations à grande échelle au virus du sida dûes à des décisions et croyances politiques absurdes et abominables, et j'en passe...) mais je m'en tiens à ce que nous, touristes, pouvons observer en visitant tout simplement la ville. Ces années Caeusescu ont donc laissé des traces encore bien visibles dans Bucarest et probablement, dans le reste de la Roumanie... En ce qui me concerne, le souvenir de ce dictateur et notamment des images presqu'en direct de son exécution le 25 décembre 1989 m'est resté gravé.





Et puis, il y aura 20 autres petites heures de train à travers la Bulgarie aussi blanche que sa voisine, le passage de la frontière turque en plein milieu de la nuit et l'arrivée tant attendue aux portes de l'Asie...
Istanbul!!!


Je suis desole du temps que j'ai mis pour envoyer ce premier message.
Entre les bugs informatiques (parfois), les connexions de tres mauvaises qualites (souvent), la difficulte de trouver un endroit pour decharger mes photos (toujours) et le fait que j'ai du tout recommencer a mon arrivee en Turquie puisque la premiere version de ce site etait heberge chez sites.google.com qui se trouve etre un site censure en Turquie, je peux dire que j'ai galere!
Mais, je pense avoir pris le bon rythme et le message concernant Istanbul devrait rapidement suivre.

A bientot!



 

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